VIH est l’abréviation de « Virus de l’Immunodéficience Humaine », et sida signifie « Syndrome Immuno-Déficitaire Acquis ». Une personne contaminée par le VIH voit son système immunitaire se dégrader progressivement jusqu’à ce que l’organisme devienne incapable de se défendre contre les agressions.
Les médecins américains qui ont traité les premiers cas de sida dans les années 1980 ont constaté que certaines maladies mortelles, comme le sarcome de Kaposi, touchaient fréquemment les jeunes homosexuels. Auparavant, ce type d’infection ne se rencontrait que chez les hommes âgés d’origine africaine ou méditerranéenne ainsi que chez les personnes atteintes de maladies affectant le système immunitaire. Le sarcome de Kaposi est une tumeur maligne des capillaires de la peau et du tissu conjonctif, qui provoque la formation de tâches violettes disgracieuses. Les médecins observèrent également la présence d’une autre maladie inhabituelle, la pneumonie à pneumocystis carinii chez les jeunes homosexuels.
Même si les médecins suspectèrent immédiatement un virus d’être responsable de ces infections, il fallut attendre deux ou trois ans avant qu’ils ne parvinrent à l’isoler et à l’identifier. Pendant ce temps, d’innombrables conflits et accusations remplirent les colonnes de la presse. Les Soviétiques accusèrent l’armée américaine de fabriquer le virus par manipulation génétique, tandis que la communauté « gay » accusait la CIA de contaminer délibérément l’eau des hammams new-yorkais.
En 1983, le Dr Luc Montagnier de l’Institut Pasteur, à Paris, parvint à isoler le virus responsable et le baptisa « Lymphadenopathy Associated Virus » (LAV). Au même moment, un autre chercheur, le Dr Robert Gallo, isolait également le virus et l’appelait « Human T-Lymphotropic Virus » (HTLV-III). Une longue controverse s’engagea entre les deux équipes pour savoir qui avait été le premier à isoler le virus.
Enfin, en 1996, le Comité international de taxinomie des virus (International Committee on Taxonomy of Viruses) fut saisi pour décider du nom à donner au virus. Après de nombreux débats, l’affaire fut finalement close quand le président américain, M. Ronald Reagan et le Premier ministre français, M. Jacques Chirac, annoncèrent que le nom officiel du virus serait « Virus de l’Immunodéficience Humaine-1 » (VIH-1) et que les droits des tests mis au point seraient partagés.
Le VIH s’est propagé rapidement au sein de la communauté homosexuelle américaine au début des années 1980. Les spécialistes en firent d’abord porter la responsabilité aux homosexuels masculins, le VIH-sida étant dès lors considéré comme le « cancer gay ». Mais l’idée d’une maladie touchant exclusivement les homosexuels dut être révisée quand on s’aperçut que les personnes ayant eu des contacts sanguins contractaient aussi la maladie. Il s’agissait notamment des toxicomanes I.V. (par voie Intra-Veineuse) ayant partagé des seringues et d’hémophiles ayant reçu du sang contaminé.
Rapidement, les hétérosexuels non toxicomanes commencèrent, à leur tour, à être séropositifs. Les chercheurs, les médecins et les gouvernements se rendirent compte que la maladie pouvait toucher tout le monde.
Les rapports non protégés, qu’ils soient homosexuels, hétérosexuels, anaux ou vaginaux, sont aujourd’hui le principal mode de transmission de VIH dans le monde. En Afrique, en Thaïlande et en Inde, le grand nombre de prostituées et de maladies sexuellement transmissibles non traitées ont contribué à en accélérer la propagation. L’inflammation des muqueuses caractéristiques de maladie comme la syphilis et le chancre mou favorisent la transmission du VIH.
En dépit des controverses passées, la plupart des scientifiques s’accordent aujourd’hui sur le fait que le VIH est le responsable du sida. Mais la contamination par le VIH n’entraine pas forcément le développement de la maladie. Des travaux montrent que 35% des porteurs du VIH ne présentent aucun symptôme au bout de dix ans. Certains d’entre eux ne développeront jamais la maladie, soit qu’ils sont protégés d’une manière ou d’une autre par leur propre patrimoine génétique, soit que le virus est affaibli (il a muté). Certains enfants nés séropositifs ont apparemment réussi à éliminer le virus de leur organisme.
On sait que les coupures, les éraflures et toutes les sortes d’égratignures de la peau ou des muqueuses sont la porte d’entrée du virus dans l’organisme. Les rapports sexuels non protégés sont le mode de transmission le plus répandu. Les rapports anaux sont particulièrement dangereux en raison des abrasions et des microcoupures qu’ils provoquent. L’autre mode principal de transmission est l’échange et la réutilisation de seringues infectées. Une fois dans l’organisme, le VIH s’attaque au système immunitaire en ciblant les lymphocytes T auxiliaires (ou T-CD4), éléments essentiels de la défense immunitaire de l’organisme.
Le VIH s’accroche aux macrophages et aux lymphocytes T auxiliaires et leur injecte son propre noyau viral en intégrant son propre génome à leur ADN. La réplication du virus peut commencer dès qu’il a pénétré le noyau du lymphocyte T et modifié son génome cellulaire.
On pense que dès que les lymphocytes T auxiliaires ont été infectés par le VIH et que la quantité de virus circulant dans l’organisme commence à augmenter, le système immunitaire réagit massivement. Dès lors, le système immunitaire est contraint à une lutte permanente. Les chercheurs estiment que le VIH peut se multiplier à la vitesse d’un milliard de nouvelles particules virales par jour, débordant ainsi totalement le système immunitaire. Le VIH peut aussi tromper ce système et rester insensible aux traitements médicamenteux en mutant et en prenant d’autres formes.
Le système immunitaire parvient parfois à contenir le VIH pendant de longues années, mais tôt ou tard, la destruction massive des lymphocytes T affaiblit le système immunitaire qui n’est plus en mesure de défendre l’organisme contre les maladies opportunistes, caractéristiques du sida. Les médecins cherchent aujourd’hui à simplifier la terminologie et parlent de plus en plus de phases asymptomatiques et symptomatiques de la maladie en employant le terme d’ « infection à VIH » pour couvrir toutes les phases de la maladie.
Campagne de prévention « Sida Info Service »
Campagne de prévention « Sida Info Service » (2009)
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