Aujourd’hui, on entend souvent parler de nouvelle révolution sexuelle ou de nouvelle tendance à la mode à propos des sex toys, mais contrairement aux idées reçues ou à ce que nous pourrions imaginer, ils existent depuis des milliers d’années.
Depuis toujours, des objets en forme de phallus ont été utilisés comme substituts des sexes mâles, absents ou défaillants, ou comme accessoires pour pimenter les ébats amoureux de nos ancêtres. Ils n’appartiennent à aucune culture précisément mais certaines ont été plus créatives que d’autres.
Voyons plus en détail l’histoire du sex toy.
Dans l’Antiquité, on pouvait voir l’ancêtre du godemiché actuel représenté sur les poteries grecques ou romaines ainsi que sur les fresques égyptiennes. Les Grecs l’appelaient « olisbos » qui signifie « objet en forme de phallus », les Romains « gaude mihi » qui veut dire en latin « réjouis-moi » (on peut en déduire « fais-moi jouir ») qui donnera plus tard « godemiché ». Cet objet consistait en un phallus artificiel destiné au plaisir sexuel, fabriqué en pierre (jade), en bois (ébène) ou en cuir, que les usagers, aussi bien hommes que femmes, lubrifiaient avec de l’huile.
En Afrique noire, des statuettes priapiques et des phallus totémiques étaient sculptés comme enseignes de la fécondité, auxquelles on aimait parfois sacrifier des vierges parfumées.
En Inde, on doit à la tribu aborigène des Murias, adepte des longues caresses, l’invention de la gigue du godemiché : les jeunes filles se trémoussant avec un bâton symbolique entre les cuisses.
A cette période, on peut dénoter quelques différences d’utilisation, tout simplement parce que la sexualité des hommes et des femmes n’est pas perçue de la même façon d’une culture à une autre.
Prenons l’exemple des Japonais. Les seigneurs partaient combattre en laissant leurs épouses au foyer. Pour combler son absence plus ou moins longue, l’homme confiait à sa femme une longue pierre polie enveloppée de soie ou une statuette en bois, appelés joliment les « objets de l’absence », destinés à satisfaire leurs envies, leurs pulsions. L’intention était d’inciter la femme à respecter son devoir de fidélité et à ne pas commettre d’adultère. La « coutume » s’est répandue très vite, si bien que les godemichés se vendaient en porte-à-porte !
Les Occidentaux, quant à eux, ont une toute autre manière de quitter leurs femmes avant de partir au combat ou plus exactement offrent quelque chose de bien différent. En effet, les hommes faisaient porter aux femmes des ceintures de chasteté (ceintures munies d’une serrure conçue pour empêcher toute relation sexuelle et même la masturbation). Le but était le même que celui des Japonais –« protéger » la femme de la tentation – mais l’approche est bien différente, la fidélité est plutôt forcée et le plaisir féminin reste interdit.
Plus tard, vers le XVIe siècle, les Italiens approfondissent la question du plaisir coquin et se perfectionnent dans les objets « passatempo » (passe-temps) ou « diletto » (du mot délice) qui donnera plus tard le terme anglo-saxon « dildo » qu’on utilise aujourd’hui. Ils inventent des modèles en verre thermorésistants que l’on peut remplir d’eau chaude puis plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, s’y ajoutent des poires en caoutchouc en forme de testicules que l’on remplissait de lait et pressait au bon moment pour donner une meilleure illusion. C’était assez rudimentaire mais fonctionnel !
Au XVIIe siècle, en Occident, apparaissent les marchands de « diletto » et même des artisans spécialisés proposant des modèles sur mesure.
Au XIXe siècle, une nouvelle notion ou plutôt utilisation intervient dans l’histoire du sex toy. En 1869 naît le premier vibromasseur à des fins médicales. C’est l’Anglais George Taylor qui l’invente cette année-là. Au départ, cet appareil à vapeur imposant était utilisé pour traiter les douleurs musculaires. Quelques temps après, une autre invention plus petite et mécanisée voit le jour : une tige en caoutchouc qui produit des vibrations, grâce à une manivelle, avec laquelle on se massait toutes les parties du corps et bien évidemment la vulve. Les médecins de l’époque prescrivaient ce remède aux femmes souffrant d’hystérie (perçue depuis l’Antiquité comme la conséquence d’insatisfactions sexuelles et regroupant toutes sortes de mal-être), ils proposaient donc une thérapie par l’orgasme ! La pratique a été acceptée et médicalisée, il ne restait plus qu’à réduire la taille de ces appareils qui ressemblaient assez bien à nos gros aspirateurs. Des chercheurs s’y sont penchés et des vibromasseurs plus petits sont nés.
En 1880, toujours dans une perspective de traitement de l’hystérie, le médecin britannique Joseph Mortimer Granville fait breveter le premier vibromasseur électromécanique permettant de traiter six patientes à l’heure au lieu d’une seule.
En 1900, une collection de vibromasseurs électriques ou à essence sera ainsi exposée à Paris lors de l’Exposition Universelle. Par la suite, des publicités vantent les biens-faits du vibromasseur et invitent les gens à l’utiliser dans le domaine privé pour la relaxation de la femme… L’objet ne ressemble en rien aux vibros d’aujourd’hui mais plutôt à un fer à repasser ou à une jolie perceuse mais se faisant de plus en plus petit et facile à transporter, il devient un objet domestique courant pendant quelques années.
Vers les années 1920, le vibromasseur disparaît des cabinets médicaux et des catalogues pour faire son entrée dans le monde du pornographique, il est alors relégué aux domaines des maisons closes et des sex-shops. Frisant les limites de l’interdit et du sordide, il devient donc clandestin, tabou jusqu’à environ 1960.
Depuis, son utilisation est revenue petit à petit dans le quotidien des gens. Comme la femme, les sex toys se sont émancipés, démocratisés, libérés ! Même si pendant pas mal d’années (années 70), ils ont été réservés à une certaine partie de la société, plus précisément à des communautés sexuelles particulières (porno, SM, libertins …) parce que trop honteux. Depuis les années 90, le sex toy s’est dé-stigmatisé et s’est ouvert à tous grâce aux nouvelles idées reçues : le côté « récréationnel » de la sexualité voit le jour, chacun est libre de se faire plaisir sexuellement, et de s’amuser avec ces petits jouets coquins. Rappelons qu’aujourd’hui encore, cela reste un sujet tabou pour certains.
Aujourd’hui, nous pouvons tout de même parler de génération sex toys puisque nombre de femmes et d’hommes reconnaissent s’adonner aux joies des plaisirs coquins avec l’aide de jouets intimes. Certaines stars déclarent même ouvertement au public qu’elles en possèdent, qu’elles se font offrir des godemichés de luxe et revendiquent leur utilisation…
Après l’apparition des sex-shops en masse, Internet ouvre une nouvelle porte sur ce marché où chacun peut trouver son bonheur et acheter en ligne. On retrouve les jouets intimes dans les supermarchés, on en parle dans les livres, à la télé, des réunions sex toys entre filles s’organisent… Bref l’univers jouets intimes est largement ouvert, alors OSEZ !!
Petit clin d’œil sur une des dernières petites inventions qui peut en séduire plus d’un : le vibro usb et le Ipod sex toy!
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Au réveil je tombe sur cet article…intéressant! Mais c’est surtout cette vidéo qui me fait sourire…Et oui ça m’est arrivée aussi, ma mère passe à l’appart et d’un air innocent, « mais qu’est ce que c’est? »…je rougis, me sens gênée, puis très mal à l’aise…un regard et elle n’a pas insisté…ouf!
A bien ranger si on veut garder son secret!
A+
Ouai la vidéo est drôle comme souvent sur ce site…mais je trouve surtout que l’article montre bien l’evolution sociale qui se cache derrière la démocratisation des sex toys…demain nos petites de 14 ans auront un toys…comme elle porte déjà le string ou se maquille à 12 ans…Ca y est les godes sont au supermarché…petit à petit ils vont les rapprocher des jouets de Noël pour les enfants…et créeront le besoin puis la demande! Le but de se plaisir en solo n’est pas unique, il permet aussi de réfléchir, d’apprendre à se connaitre pour mieux partager ensuite son corps…malheureusement, je crains que le message qui passe soit plutôt, « hey soit fun et tendance, accroche ton dernier toys à ton cartable ».
Cédric