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Développer une culture érotique



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Dans un couple, après quelques années ensemble, la sexualité n’est plus la même qu’au début. Dans le meilleur des cas, elle gagne en profondeur et en volupté. Mais pour beaucoup, le désir s’émousse avec le quotidien. On fait encore l’amour, mais on croit qu’on n’a plus rien à découvrir chez l’autre, ni même l’idée de tester de nouvelles expériences. La spontanéité et l’intensité des débuts se sont affaiblies, souvent par fatalisme, pourtant il est tout à fait possible de les conserver, d’avoir envie d’explorer encore et encore. Nous allons voir comment développer une culture érotique ?

Retrouver le goût du jeu

Le côté ludique donne de la saveur aux premières relations sexuelles d’un couple. On se découvre, la curiosité est entière et chaque sensation est réjouissante. Avec les années, on en vient peu à peu à répéter les mêmes gestes, sans chercher à connaître de nouvelles expériences.

Le psychothérapeute Alain Héril insiste sur l’importance d’explorer le corps de son partenaire au-delà des zones érogènes connues, de découvrir de nouveaux moyens – par la caresse des mains, de la langue, de la chevelure – d’éveiller le désir et de l’accompagner vers la jouissance. Pour enrichir sa palette sensorielle, on peut par exemple s’abstenir, pendant un temps, de la pénétration dans l’échange érotique.

La sexothérapeute Brigitte Martel propose de réinventer les règles d’échanges dans le couple. C’est-à-dire que, le temps d’une soirée, l’un des amants adopte la posture yang : c’est lui qui prend les initiatives (choix du restaurant, du film…) jusqu’à oser plus tard dire comment il aimerait être caressé, les positions qu’il souhaiterait essayer… L’autre, qui se trouve dans la posture yin, le suit dans ses envies. La fois suivante, les rôles sont inversés. Ce jeu permet de (re)découvrir le pouvoir aphrodisiaque de la parole et offre à chacun la possibilité de constater qu’il ne connaît peut-être pas tout de son partenaire.

Comprendre nos inhibitions

Nous sommes d’accord pour dire qu’il n’est pas facile de renouer avec une sexualité ludique. La spontanéité de nos gestes et l’expression de nos envies sont contrariées par les limites posées par notre histoire, par ce que nous avons appris à considérer comme noble, sale ou dégradant, par les normes de comportement qui nous ont été imposées en tant que femme ou homme, par les cicatrices laissées par nos précédentes relations… Se libérer de ses inhibitions n’est pas simple et pas toujours souhaitable. Il faut évaluer nos limites, déterminer celles que nous ne pouvons dépasser sans y perdre le respect de nous-mêmes et tenter de dépasser celles qui nous interdisent de goûter au plaisir.

L’intérêt est de vivre une sexualité en accord avec notre sensibilité. Pour pouvoir se lâcher et expérimenter de nouvelles choses, il faut aussi se donner et donner à son partenaire des limites. Renoncer à soi par peur de lui déplaire serait se condamner à des échanges insatisfaisants.

Ritualiser la rencontre

Grâce aux rituels (bain parfumé ou mets raffinés, vins, tentures ou bougies…), les amants signifient l’importance qu’ils veulent redonner à leur sexualité. Ils arrêtent le temps, magnifient le cadre de leurs ébats et, surtout, s’honorent l’un l’autre. L’idée est d’élever la rencontre au-delà de faire l’amour pour l’inscrire dans le registre du beau, de l’intentionnalité.

Varier les registres

Le vrai défi du couple, c’est de pouvoir varier les registres, au gré de ses envies. Se donner la liberté, un jour, d’avoir du sexe pour le sexe, un autre une relation plus amoureuse et sensuelle.

Prendre en charge sa sensorialité

Prendre soin de la relation sexuelle se fait évidemment à deux. Exprimer à l’autre ses envies, ses réticences, ses fantasmes ou ses limites est indispensable à la qualité de la communication intime. Le silence, la gêne ou la simple paresse ont tendance à freiner nos élans. Car si nous attendons seulement le moment de la rencontre sexuelle pour être gratifié, nous prenons le risque de faire peser sur l’autre tout le poids de nos attentes mais aussi de nos frustrations.

Un corps régulièrement stimulé dans sa sensorialité répondra avec davantage d’élan, d’imagination et d’abandon dans la sexualité. Concrètement, prendre en charge sa sensorialité revient à cultiver ses sens, comme on cultiverait son jardin, suivant ses goûts et ses envies (se faire masser, être en contact avec la terre, l’eau…).

Reprendre contact avec son corps, multiplier les sources de petits plaisirs fantasmer sont autant de pistes qui permettent de renouveler notre libido et d’être moins soumis à l’obligation de faire de chaque rencontre sexuelle l’unique rendez-vous voluptueux de notre quotidien.

Cultiver l’érotisme de son couple

Les neurophysiciens ont fixé à quatre ans au maximum la durée de vie de la passion sexuelle entre amants. Cela signifie que pendant ce laps de temps, la chimie de notre désir n’a pas besoin d’intervention. Au-delà de ce cap, si l’on ne devient pas actif et conscient dans sa vie sexuelle, le naufrage est certain. Cette proposition invite à cultiver à deux un érotisme singulier, né des parcours, goûts, rythmes et limites de chacun. Dans cette optique, la sexualité devient vraiment initiatique et libre. Car elle se nourrit, en conscience, de ce que chacun porte d’unique.

Des dessins qui font appel à notre imagination…


 

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